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  • Marc Reisinger

Un continent de plastique mythique

J'ai proposé il y a 4 ans cet article au magazine Causeur, où je publiais de temps à autre. Il a été refusé parce que "trop différent"... Surprenant pour un magazine dont la devise est : "Surtout si vous n'êtes pas d'accord".


Je ne rapporte pas cette anecdote pour régler des comptes, mais parce que j'y vois le signe d'un conformisme bloquant la pensée, aussi bien à droite qu'à gauche. C'est là qu'on reconnaît les mythes d'une époque, en l'occurrence celui de la culpabilité humaine dans le "changement climatique", alors que le changement est permanent. C'est même la seule chose qui soit constante. Comme disait Parménide : "on ne se baigne jamais deux fois dans la même eau".

 

L’apocalyptisme écologique s’accompagne de croisades hystériques, dont la principale vise le CO2 – dont on oublie qu’il est indispensable à la croissance des végétaux et que son rôle dans le réchauffement très modéré de la planète n’est pas établi, mais supposé par des modèles dont les prévisions se sont avérées jusqu’à présent fausses.


J’évoquerai ici la croisade contre le plastique - notre deuxième péché capital (après la combustion des carburants fossiles, d’où provient également le plastique) - qui est parvenue à faire interdire les sacs en plastique - si pratiques pour faire des achats sans être parfaitement équipé et organisé ; plastique aisément recyclable (c’est pour ça que nous trions nos déchets), qui est même utilisé pour réparer les routes en Slovaquie.


L’innocent sac en plastique, qui nous permet de faire des achats sans avoir les mains encombrées, risque-t-il vraiment de finir dans les océans et de constituer un danger pour la faune et la flore? Qu’en est-il ? Tout d’abord, la plupart des plastiques arrivent dans les mers à partir d’une dizaine de fleuves asiatiques (comme le Yangtse et des fleuves indiens) très éloignés de nos chaumières.


Ces déversements de déchets plastiques sont supposés constituer un océan de plastique quelque part dans le Pacifique. Aucun satellite ne peut visualiser ce qui est aussi qualifié de « continent de plastique », ou Septième continent, aussi mythique et insaisissable que l’Atlantide.


Une journaliste du Monde, partie à sa recherche, a été obligée de constater que « ce qu’il y avait de plus marquant était de ne rien voir… » Elle en a déduit qu’il s’agissait d’une « soupe de plastique, grande comme un continent », dont on trouvait quelques résidus dans l’estomac des poissons.



Les journaux télévisés font d’ailleurs de temps en temps la une sur un cadavre de baleine qui a avalé des sacs en plastique, qu'elle a confondus avec des calamars.

Animé d’un scepticisme malsain et de souvenirs de mes études médicales, j’ai recherché la liste des corps étrangers trouvés dans l’appendice humain. Ce qui donne cet inventaire surréaliste : plombs de chasse, balles, hameçons, outils de bricolage (vis, forets), pièces de monnaie, pierres, graines, noisettes, poils de brosse à dents, aiguilles à coudre, épingles à nourrice, petits bijoux, dents, pivots de couronne dentaire, petits fragments d’os, ongles, poils de chiens, cure-dents, piercings de la langue, clés, allumette, dés, billes, morceau de thermomètre…


Ne faudrait-il pas songer à interdire ces objets dangereux ?


Plus sérieusement, quelle est l’importance relative du plastique dans les océans ? Ne trouvant pas de réponse claire à cette question, au delà des cris de panique, j’ai effectué un petit calcul. La masse de déchets plastique flottant dans l'Océan Pacifique est estimée à 80.000 tonnes pour 160 millions de km2, soit ½ kg par km2, c’est-à-dire l'équivalent de moins d'UN GRAMME de plastique pour la surface d'une piscine olympique de 1.250 m2 (moins d'une cuiller à café).

Un jeune génie hollandais de 24 ans a fait la une des médias internationaux en 2018, grâce à une invention conçue pour éliminer le plastique des océans : un simple boudin de plastique destiné à ramasser les déchets. L’événement s’est perdu dans le triangle des Bermudes de l’information, pour réapparaître discrètement deux mois plus tard dans un entrefilet en page 37 du Times (2/12/2018) révélant que le système ne marchait pas: les déchets récoltés s'échappaient avant de pouvoir être transférés sur un bateau. N'en déduisons pas que ce jeune homme n'est pas génial: il est tout de même parvenu, grâce à une simple conférence TED, à récolter 25 millions de dollars pour ce grand projet inutile.



L’incident illustre le caractère dérisoire de la croisade contre le plastique, qui aboutira bientôt à supprimer coton-tiges, couverts, assiettes, pailles, agitateurs de boissons et bâtonnets pour ballons…


Faut reconnaître que les cavaliers de l’apocalypse écologique sont des rabat-joies dévorés par la culpabilité, qui s’attaquent à tous les plaisirs de l’existence. Indirectement, ils attaquent l’existence même de l’homme, dont le métabolisme physique et social implique deux versants : anabolisme (fabrication) et catabolisme (évacuation, destruction).


L’idéologie écologique qui nous envahit recèle un antihumanisme : protéger la Planète (avec une majuscule, comme Dieu), et attaquer l’homme, considéré comme une perversion de la Nature (comme dans la Bible), présent en trop grand nombre. De là à ce que les bons écolos éliminent les méchants pollueurs il n’y a qu’un pas, qu’on pressent dans la violence de certaines actions militantes.

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