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  • Marc Reisinger

Trump : un orgasme judiciaire

La démesure et la jouissance accompagnant les inculpations en cascade de Trump ne devraient pas faire oublier à ses adversaires que le match se joue sur le terrain et pas dans les tribunes.


L'ancien président Donald Trump et 18 coaccusés ont été inculpés lundi soir par un grand jury du comté de Fulton, en Géorgie, dans le cadre des efforts déployés par l'ancien président pour contester les résultats des élections de 2020 dans cet État.


L'acte d'accusation de 98 pages inculpe le président Trump de 13 chefs d'accusation, notamment de violation de la loi de l'État sur les organisations influencées par le racket et la corruption (RICO), de sollicitation de violation de serment par un fonctionnaire, de complot en vue de commettre une falsification au premier degré et de complot en vue de commettre le dépôt de faux documents.


Aux côtés de l'ancien président, 18 autres personnes ont été inculpées, dont son ancien chef de cabinet à la Maison Blanche, Mark Meadows, ses anciens avocats Rudy Giuliani et Jenna Ellis, ainsi que l'avocat Sidney Powell.


Chacun des 19 accusés fait l'objet de plusieurs chefs d'accusation, mais tous ont été inculpés en vertu de la loi RICO. Au total, 41 chefs d'accusation ont été retenus dans cette affaire.


En fait, l’accusation est centrée sur une conversation entre M. Trump et les autorités de Géorgie, citée comme preuve indiscutable d'une tentative de fraude électorale. Or l'appel s'apparente plutôt à une discussion pratique entre les fonctionnaires de l'État et l'équipe de Trump, au sujet d'un recomptage des voix. M. Trump a perdu l'État de moins de 12 000 voix et il a dit : "Je veux juste trouver 11 780 voix, soit une de plus que ce que nous avons parce que nous avons gagné l'État".


Cette déclaration est dépeinte comme un appel à la fabrication des votes. Or il ne s’agissait que d’une vérification et il est probable que Trump ait voulu dire qu'un recomptage de tout l'Etat n'était pas indispensable, puisqu’il n'avait pas besoin de trouver plus de 12.000 voix pour modifier le résultat de l'élection.


Il est révélateur que de nombreux politiciens et experts refusent de reconnaître cette autre interprétation évidente de ses propos. Un contresens qui ne passera pas le cap d'un procès, mais en attendant ça occupe le peuple et surtout les médias.


Contester les élections, un crime ?


Il est intéressant de rappeler que la contestation des résultats de l'élection est une pratique courante en démocratie. L'essence de la démocratie c'est un régime où on peut toujours faire appel à une autorité pour en contester une autre, contrairement aux états totalitaires.


Hilary Clinton a contesté l'élection de Trump en 2016. Al Gore a contesté celle de Bush en 2000. Ce mécanisme démocratique fondamental est considéré comme un crime lorsqu’il s’agit de Trump, supposé être lui-même le fossoyeur de la démocratie. C’est là qu’on aperçoit l’écart entre les fantasmes de la bien-pensance et la réalité.


La différence essentielle avec la contestation des élections de 2000 et 2016, c'est que les plaintes des opposants Démocrates ont été examinées et rejetées (à tort ou à raison) par la Justice américaine. Alors qu’aucune des plaintes de l'équipe Trump en 2020 n'a même été examinée par un tribunal américain.


Les inculpations actuelles – survenant comme par hasard au début de la campagne présidentielle de 2024 – auront l'effet inconfortable pour les Démocrates de donner enfin à Trump l'occasion de porter, malgré lui, cette affaire devant les tribunaux.


Loin de compromettre sa campagne électorale, elle pourrait la rendre palpitante pour tous. Les Démocrates persistent ainsi à mettre Trump en vedette à force de vouloir le détruire de manière obsessionnelle.







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