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  • Marc Reisinger

Sur l’assassinat de John Kennedy

Au moment où un membre du Secret Services chargé de la protection de Kennedy remet en cause la théorie de la « balle magique » de Lee Harvey Oswald, voici quelques notes personnelles sur cette affaire non résolue, mais assez transparente pour qui se donne la peine de réfléchir.


Robert Kennedy Jr


"La théorie de la balle magique est morte. Cette construction absurde a servi de pilier à la théorie selon laquelle un seul tireur a assassiné le Président Kennedy, que la commission Warren a avancée sous la direction de l'ancien directeur de la CIA Allen Dulles, que mon oncle a congédié."


Jackie Kennedy


JFK apportait la fin de la guerre froide, de la guerre au Vietnam, de l'impérialisme américain et de la mafia. Il a été abattu par des balles provenant de l'avant, alors que son unique assassin supposé - Lee Harvey Oswald - se trouvait derrière lui.


Nous pouvons le voir encore de nos propres yeux, puisque Jackie Kennedy se précipite sur le capot arrière de la limousine pour ramasser le morceau de son cerveau, qu'elle a remis aux médecins de l'hôpital de Houston; mais son témoignage devant la Commission Warren a été censurée jusqu'en 2038.


La Commission d'enquête sur l'assassinat était dirigée par Allen Dulles, ancien patron de la CIA viré par Kennedy pour avoir voulu forcer une invasion de Cuba, mais qui conservait un contrôle occulte de son organisation.

Le rapport Warren fut remis en cause par une commission sénatoriale qui conclut de manière absurde, en 1979, que plusieurs tireurs avaient tiré sur Kennedy, mais que... "ce n'était pas une conspiration". Une coïncidence donc : deux personnes qui étaient là par hasard en même temps que Kennedy et qui lui en voulaient.


On ne saura jamais ? Suffit pourtant de dégager la poussière pour découvrir ce qu’elle recouvre. Soixante ans et un millier de livres après l’assassinat de Kennedy, la question centrale reste, comme pour n’importe quelle enquête : d’où venaient les coups de feu? La réponse peut renverser le dogme de la commission Warren, que 60 % de la population américaine n’a toujours pas accepté.


La plupart des témoins rapprochés ont entendu des tirs provenant de la butte devant Kennedy (22 des 25 personnes qui ont fait une déclaration avant l’apparition de la version officielle). 58 des 90 personnes interrogées sur l’origine des coups de feu déclarèrent qu’ils venaient de la direction de la butte herbeuse et non du dépôt de livres où se trouvait Oswald. Pourtant la Commission ne retînt «aucun indice valable permettant de penser que des coups de feu auraient été tirés d’un autre endroit ».


Orifice d’entrée de la balle


Les trois médecins qui ont examiné le corps de John Kennedy à Dallas ont observé un orifice d'entrée d’une balle au-dessous de la pomme d'Adam, alors qu'il tournait le dos à Oswald (Mark Lane, Rush to Judgment, 1966)


Allen Dulles


Allen Dulles, chef de la CIA, viré en 1961 par John Fitzgerald Kennedy après l'échec d'une tentative d'invasion de Cuba, devint fort opportunément directeur de la Commission Warren chargée de faire la lumière sur l'assassinat de JFK.


A quelqu'un qui lui demandait comment il allait faire avaler à la population américaine un rapport concluant à la seule culpabilité de Lee Harvey Oswald armé d'un vieux fusil, il répondit : "Les Américains ne lisent pas..."



Rôle de la CIA


Joe Biden, comme Donald Trump, a décidé de reporter la publication des dossiers de l’assassinat de JFK, six décennies après l'événement. Les deux présidents ont invoqué la sécurité nationale, aussi étrange que cela puisse paraître. Indice : "Certains documents montrent que la CIA a menti à la Commission Warren sur sa relation avec Lee Harvey Oswald".

Je me demande comment les anti-complotistes (les « simplistes ») expliquent cette rétention. Que cacher s’il n’y a rien à cacher ? Quel fut le rôle de la CIA, dont l’ancien directeur Allen Dulles, viré par Kennedy, gardait son emprise sur l’organisation et devint président de la commission Warren, chargée de faire la lumière sur l’assassinat. Quand le suspect n°1 dirige l’enquête, elle a peu de chances d‘aboutir.


Chomsky


Son point de vue sur le 11 septembre rappelle son attitude à l'égard de l'assassinat de JFK, lorsqu'avec une poignée d'autres personnalités "de gauche" il a participé à une violente attaque des médias de l'establishment contre Oliver Stone et son film JFK (1991), qui présente une interprétation de la conspiration de l'assassinat de JFK.


En plus de défendre les conclusions stupides du rapport de la Commission Warren sur le "tireur isolé", ces anti-conspirateurs lançaient une affirmation farfelue, selon laquelle l'assassinat de Kennedy n'avait entraîné aucun changement significatif de la politique américaine ou de la structure du pouvoir politique, et qu'il ne concernait donc en rien l'analyse politique de gauche.


Or le témoignage de Robert Mc Namara, acteur direct de la guerre du Vietnam, contredit les propos de Chomsky (Voir : “The Fog of War, Eleven Lessons from the Life of Robert S. McNamara”, documentaire d’Errol Morris, 2003). Kennedy comptait se retirer du Vietnam. Chomsky a aussi critiqué Mc Namara sur ce point lors de la publication de ses mémoires (en 1995).


Mais le film d’Errol Morris inclut des archives sonores des conversations téléphoniques entre Mc Namara, Kennedy et Johnson qui confirment le point de vue de Mc Namara – pour ceux qui auraient tendance à accorder aux commentaires de Chomsky plus de poids qu’au témoignage de Mc Namara.


Comment expliquer que Chomsky soit de si mauvaise foi au sujet de l'assassinat de JFK et du 11 Septembre, où la patte des services secrets américains apparaît lourdement?


On ne peut le suspecter d'être sous-informé. Mais il a laissé un jour échapper que si des gens avaient le pouvoir d’assassiner un Président des Etats-Unis, ils pouvaient aussi se débarrasser de n'importe qui, marquant sans doute là les limites de son propre engagement.


Jim Garrison


Le livre qui révèle la piste des assassins de Kennedy. "Indisponible" depuis plus de 20 ans, malgré son succès. Source du film d'Oliver Stone JFK (que le montage rend malheureusement confus).



Qui a tué John Kennedy?


La perspective la plus claire sur l'assassinat de JFK se trouve sans doute dans l'ouvrage de David Talbot, The Devil's Chessboard, Allen Dulles, the CIA, and the rise of America's Secret Government" (2016), dont voici un extrait.


Interview de David Talbot sur l'assassinat de JFK:

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