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  • Marc Reisinger

L’impossible Etat palestinien


Shlomo Sand publie un nouveau livre : Deux peuples pour un Etat ? Relire l’histoire du sionisme, qui surprendra les antisionistes dont il est l’idole. L’historien israélien est connu pour trois best-sellers, qui pourraient être surnommés les Evangiles de l’antisionisme.


Dans le premier, Comment le peuple juif fut inventé (2008), Sand nie l’origine commune du peuple juif. Encouragé par le succès de son premier ouvrage, qui nie le départ du peuple juif de Palestine, Sand tente logiquement dans son deuxième ouvrage, intitulé Comment la terre d’Israël fut inventée (2012), de réfuter la nécessité d’un retour de ce peuple en Palestine. Dans le dernier volet de sa trilogie, Comment j’ai cessé d’être juif, Sand explique qu’il « souhaite démissionner et cesser de se considérer comme juif », car il « supporte mal que les lois israéliennes lui imposent l’appartenance à une ethnie fictive ».


Après avoir contesté l’existence des Juifs et celle d’Israël, de même que sa propre judaïté - sorte de génocide symbolique qui eût beaucoup de succès -, on aurait pu s’attendre à ce que Shlomo Sand parachève le désaveu en se retirant à Paris, Londres ou Genève pour jouir de ses droits d’auteur plantureux, en attendant qu’Israël disparaisse et rende leur terre aux Palestiniens. C’est assurément ce que peuvent fantasmer les admirateurs qui l’invitent à des tournées de conférences dans le monde entier.


Nier l'existence d'Israël ?


Or ce n’est pas du tout le point de vue de Shlomo Sand, comme il l’a expliqué lors d’une conférence à Londres en octobre 2014



Shlomo Sand est Israélien et il entend bien le rester. « Je suis né en Israël et j’y ai grandi ; ma culture est israélienne ». N’a-t-il pas l’intention de céder la place aux Palestiniens, au nom du fameux « droit au retour » ? Pas question, car cela reviendrait à nier l’existence de l’Etat d’Israël.


Sand s’oppose au nationalisme palestinien autant qu’au nationalisme israélien. Le « peuple juif » est une invention ? Idem pour le « peuple palestinien », qui n’existe que par réaction au sionisme.


Quel est alors exactement l’objet des critiques de Sand à l’égard d’Israël ? Sand se définit comme athée total et antiraciste. Il considère que l’on ne peut être juif que par religion, ou par nationalisme (ou les deux). Autrement on n’est pas juif.  Ce qui n’empêche pas d’être un citoyen israélien et de réclamer, au nom d’une morale universelle, un Etat laïque et débarrassé de tout racisme. Son point de vue n’a donc rien d’anti-israélien ; c’est une critique progressiste : Israël peut devenir meilleur en étant moins juif.


Sand dénonce d’ailleurs les critiques des juifs antisionistes vivant à l’extérieur d’Israël, qui se donnent le privilège d’intervenir dans des décisions concernant le sort de ce pays. Leur identité juive fictive ne leur donne aucun droit ou obligation particuliers à formuler ces critiques. Cette identité n’existe que par la relation artificielle qu’ils entretiennent avec Israël, sous forme de soutien ou de désaveu. Quant à la filiation génétique, même si elle est avérée, elle n’intéresse que les racistes (comme les antisémites).


Deux Etats ?


Aujourd’hui, pas plus que Benjamin Netanyahu qui considère « qu’Israël doit pouvoir contrôler la sécurité de tout le territoire situé à l’ouest du Jourdain » Shlomo Sand n'est partisan d'un Etat palestinien. Il est favorable à « une fédération… Pourquoi les Occidentaux s’accrochent­-ils à l’idée d’une solution à deux Etats ? Tout le monde répète cela bêtement, dont beaucoup de la gauche sioniste…»


Sand cite à l’appui de sa thèse actuelle Hannah Arendt qui a écrit :


« Le partage d’un si petit pays aura pour effet, dans le meilleur des cas, la pétrification du conflit, ce qui retardera l’évolution des deux peuples ; dans le pire des cas, ce sera une situation temporaire au cours de laquelle les deux côtés se prépareront à une nouvelle guerre ».


Plutôt que de se fatiguer à argumenter avec la gauche antisioniste, on peut aujourd’hui la renvoyer à ses idoles pour leur expliquer l’impossibilité d’un nouvel Etat palestinien.

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