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  • Marc Reisinger

Covid et pensée sauvage

[Texte de juin 2021 : retour au coeur de la pandémie]


Claude Levi-Strauss a défini "la pensée sauvage, et non pas la pensée des sauvages, [comme] un attribut universel de l'esprit humain, la pensée à l'état sauvage, florissante dans tout esprit d'homme, contemporain ou ancien, proche ou lointain - tant qu'elle n'est pas cultivée et domestiquée pour accroître son rendement".


Il est fascinant de voir cette pensée à l'oeuvre face à la fuite éventuelle d'un virus manipulé à partir du laboratoire de virologie de Wuhan. Un fait essentiel puisque qu'il permettrait de reconstituer toute la chaîne des événements menant aux 4 millions de morts de la pandémie : contamination de laborantins, extension de l'épidémie, course au vaccin, faillite des autorités sanitaires.


Or ce fait élémentaire fait l'objet - hors de son examen critique - de toutes sortes de pensées sauvages, à côté, au-dessus, en dessous, au mépris des règles élémentaires de l'observation et de la logique.


Outre le déni de cette fuite (pourtant corroborée par des observations de plus en plus nombreuses), il existe une idée fixe selon laquelle elle ne peut être accidentelle. Ce pourrait être un acte terroriste, ou bien il était voulu par les Chinois, car ils sont très méchants.


Méchants et stupides puisque certains croient encore qu'ils ont lancé l'épidémie sur le marché aux animaux, à deux pas du laboratoire de Wuhan, comme si personne ne ferait le rapport. Sans oublier une variante indéterministe selon laquelle "avec les Chinois on ne peut rien affirmer". À quoi s’ajoute l’hypothèse obscurantiste: si nous ne comprenons pas le motif de cette action volontaire, c’est que nous manquons d’imagination. Un autre hurluberlu focalise la discussion sur le fait qu’on dit « la » covid et pas le covid.


Je crois qu'au-delà de la pensée hésitante que décrit Lévi-Strauss on peut ici parler de résistance au réel.




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